jeudi 18 février 2010

Le phare ou la bouée de sauvetage des parents

Aujourd'hui, j'ai rencontré l'équipe d'un centre de soins palliatifs pour enfants à Montréal. Rencontre chargée en tous points : projets et émotions.

Pas des superhéros, juste des gens qui ont besoin d’aide. Voilà le slogan qui accueille les parents arrivant au centre de répit et de soins palliatifs pour enfants de Montréal.

De répit pour courts séjours et palliatifs pour séjours écourtés.

Un phare, un havre de sérénité et de respect pour 12 enfants choyés par une équipe qui oscille entre émotions, plus de sourires que de larmes. Ici la pitié n’a pas de place ; ici, on parle de redonner une voix aux enfants, et surtout, de leur redonner leur place d’enfants. Des enfants qui jouent et aiment les mêmes choses que tous les autres. « Le phare », une véritable bouée jetée à la mer qui porte bien son nom. Il guide les familles à travers l’inimaginable. Et si les enfants entrent et ressortent par la grande porte, c’est une haie d’honneur qui salue leur départ les pieds devant. La porte de derrière n’est jamais utilisée, que les voisins l’apprécient ou pas. Parce que ce genre de centres, les voisins ne les aiment pas. Pour eux, ce ne sont que des mouroirs dont ne sortent que des cercueils toute la semaine. Sauf qu’ils n’ont rien compris. Ici on parle de la vie et des activités des enfants, pas de leur avenir plus ou moins réduit. On ne parle pas d’eux au passé dans les couloirs alors qu’ils font la sieste ; on attend leur réveil pour des activités de docteur clown, de piscine, d’art, de sport, de massage… Ces 12 enfants et leur famille sont accueillis dans un second foyer, mais un foyer qui peine à faire connaître son existence. Le centre n’est jamais complet et c’est ce qui me pesait en sortant : combien de familles en auraient besoin, pourraient y avoir accès (c’est gratuit) mais font face à tout cela seules ? Quand je pense aux files d’attentes et structures inadaptées en France, cela me laisse sans voix.

Un centre qui célèbre la vie et accepte la mort. Une structure pleine de dignité pour des enfants jamais oubliés.

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