Edaward Kennedy, Ted, ou "le Lion du congrès américain", le plus jeune de la fratrie qui a compté John Fitzgerald Kennedy et Robert Kennedy, s'est éteint mardi soir à l'âge de 77 ans, des suites d'un cancer au cerveau.
Originaire de Cape Cod, il a été sénateur du Massachusetts depuis 1962 sans discontinuité. Si la dynastie Kennedy a déjà eu son compte d'imposantes cérémonies funéraires, celle de Ted Kennedy sera la première à se dérouler à Boston même.
En maître de cérémonie samedi, Barack Obama, pour le panégyrique. En arrière-plan, mon département, pour la logistique. Drapeaux en berne : non pas attachés avec un ruban noir, mais descendus à mi hauteur du mât.
Et puis le transport de son cercueil de la maison familiale à Cape Cod à la bibliothèque John Fitzgerald Kennedy, à Boston. Le parcours du cortège est annoncé à l'avance, et suivi de près par quatre hélicoptères, six motards, quatre voitures de police, et quelques limousines noires pour la famille. Tout est retransmis en direct sur toutes chaînes d'information nationales ou régionales.
Et dans le parcours annoncé, se trouve la mairie de Boston. Attroupements le long des trottoirs, rues barrées au dernier moment pour ne pas créer d'embouteillage pharaonique à l'heure de pointe. Le cortège doit arriver vers la mairie à l'heure où les employés de bureau terminent leur journée de travail. Et le maire de Boston a donné l'autorisation à ses employés de quitter leur poste pendant 15 minutes afin de pouvoir rendre un dernier hommage à Ted Kennedy.
Le maire, sur une estrade, entouré de sa femme, de ses conseillers politiques, et de quelques porte-drapeau. L'ambiance est celle de l'attente d'une parade. Touristes, appareils photo, la foule semble grossir de minute en minute et constitue à elle seule une attraction. C'est parce qu'il y a du monde que de nouvelles personnes rejoignent l'attroupement. Iphone et autres appareils digitaux sont brandis en l'air à chaque fois qu'une sirène de police retentit.
Et puis soudain, 4 motos surgissent, suivies de près par 2 voitures de police qui ne lancent pas leurs sirènes. L'allure ralentit, la foule se tait. Il semble alors que tout se déroule au ralenti. Et soudain, une personne applaudit, suivie de quelques autres et enfin, un applaudissement généralisé venant des milliers de personnes présentes le long de cette route. Et rien de plus. Pas de remarque déplacée, pas de larme, juste un long et sincère remerciement à celui qui aura passé 47 ans à représenter cet Etat et ses idéaux au sein du Congrès américain, 47 ans carillonnés un à un à l'église de Faneuil Hall, lieu historique de la libre pensée bostonienne.
Un cortège qui avance, un symbole qui disparaît et l'Histoire qui a défilé devant mes yeux.
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